J'écris comme une pute. Comme une pute qui décharge de son sexe. Je viens dans mon cerveau comme les gens viennent dans leurs pantalons.
May 20th
13:43

Sans titre

I don’t know how to end this story…

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Ses yeux sont verts, avec une touche de crème. Comme de l’émeraude. Sa peau est froide, polie, comme une roche au bord de la mer. « Tu dois cesser cette admiration malsaine. Ce n’est plus la personne que tu as déjà connu… », me dit-il d’un ton sec. Je me tourne. Je n’ai rien à lui dire. Comment répondre à une attaque ? Je sirote tranquillement le silence en attendant que la colère se disperse comme les nuages après un orage. « Quoi, tu me boudes, maintenant ? », me demande-t-il. Je peux entendre ses sourcils se froncer, ses lèvres trembler et ses narines s’échauffer. Parfois, j’aime frustrer quelqu’un en restant immobile et silencieuse. 

 

Les gens préfèrent les confrontations, les conflits, les émotions fortes et déplaisantes. Armée de mon silence je peux faire plus de dommage que n’importe quelle insulte. « Va chier » me dit-il en sortant et claquant la porte. Peut-être pour la dernière fois. Je ne sais pas s’il va revenir. Je souris malgré moi. C’est trop absurde.

 

Me voilà chez moi. Mon sanctuaire merdique. Le bonheur dans le chaos, comme on dit. Le dit-on ? Peu importe. C’est petit. C’est étroit. C’est laid. Ce n’est pas cher. Les planchers craquent. Les miettes de peintures tombent tranquillement en formant une petite colline sur mon tapis. À bas le ménage. Je dépose mon sac à dos parterre et me jette sur mon vieux divan rouge et poussiéreux. Je regarde mes murs jaunis par la fumée de la cigarette. Les voisins ne font aucun bruit. Il y a un calme étouffant qui règne dans l’immeuble. Comme si les locataires retenaient tous leurs cris, leurs pleurs et leurs gémissements. Mon plafond est affreux. Des nouvelles toiles d’araignées se forment avec des nouveaux locataires. Ce n’est pas un drame, elles mangent les mouches « Petites araignées, avez-vous envie de payer mon loyer ? »

April 29th
12:29

Délires

Mon imagination se délecte de cette masturbation crânienne. Cette douloureuse respiration inspire mes rêves les plus troublants. J’accepte cette sensation maléfique jusqu’au bout de mes orteils cassés. Mon corps devient mou comme du jell-o, non plus mou encore, comme un pouding beige. Verdâtre plutôt. 

Peut-être que ma vie serait différente si j’aurais été beige. C’est compliqué les complexions. Les pigments ont tendance à changer la perception des gens. Quel malheur de vivre parmi les singes bipèdes. C’est dommage d’être humain dans une galaxie si vaste est choquante.

J’ai envie de me dérober de ce complet de peau et flotter parmi les particules. M’accepteront-ils ? Est-ce que les microbes ont la capacité de juger ? Seul moyen de le savoir c’est le devenir.

Plus petite encore, j’aimerais devenir une boule d’énergie qui ravage tout dans son chemin. Pas comme le feu. Utilise ton imagination. Pourquoi ne pas devenir une étoile? Même à ta mort on te distingue, car ton corps céleste nous percute encore. Percute nos yeux, bien sûr, pas nos corps.

J’en ai marre de tout expliquer. Je veux vivre d’amour et de métaphore. Je cesse l’autocensure, comme une bête apeurée. Figure it out. Sinon, ce n’est pas grave. Comme une étoile je vous percuterais toujours.

March 20th
00:20

Bêtises

Je veux mourir à petit feu pressé contre tes lèvres anxieuses. Vibrer par ce feu qui me consomme et qui m’allume. Je veux vivre comme la fumée. Dégager l’odeur d’une suicide instantanée. Je veux fondre entre tes doigts tachés. Exister qu’un moment d’extase éphémère. Je veux surtout flotter parmi les particules microscopiques comme un nuage intoxicant, envahissant et néfaste. Dense et opaque. Blanche comme la Mort lorsqu’elle cueille les âmes des innocents. 

Dans mon nouvel état, j’ignore l’innocence des hommes. Les accusations provisoires et les meurtres. J’ignore la souffrance et la joie du peuple qui continue son chemin…avec ou sans moi.

Je nage entre tes dents en espérant m’échapper par tes narines chaudes. Morphée dort et je me libère de sa domination arbitraire. Je suis comme Icare, grisé par le vol, oubliant les interdictions de mon père. Je monte de plus en plus haut vers un monde mystérieux et psychique. Paradis. Séjour des justes. Lieu de bonheur spirituel. Moi, je ne tombe pas. 

Je veux me dissoudre dans l’oxygène au lieu de me retrouver face à face avec ma condition de simple être humain.